Dieses Buch spiegelt ein Vierteljahrhundert von Beobachtungen wieder, die Charles Kieffer (Forschungsdirektor CNRS, Paris) während seinen dialektologischen Forschungen zwischen 1957 und 1981 in ganz Afghanistan, in manchmal abenteuerlichen Verhältnissen, aufgenommen hat.
Als Mitarbeiter des „Sprachatlas von Afghanistan“ unter der Leitung des verstorbenen Prof. Georges Redard (Universität Bern), hat er auch Materialien über das Privatleben und den intimen Wortschatz der Leute auf dem Lande gesammelt.
Der Umgang mit diesem Volk mündlicher Kultur, teilweise analphabetisch, vom Islam tief durchdrungen, hat dem Autor die Möglichkeit gegeben, etliche im Alltagsleben immer noch gut bemerkbare Tabus, Sprachverbote und Sprachverpflichtungen ans Licht zu bringen.
The series Beiträge zur Iranistik was founded in the 1960s by Georges Redard and subsequently edited by Nicholas Sims-Williams from 1997 to 2020; the present series editor is Agnes Korn.
The series publishes works on the languages of the Iranian branch of Indo-European. The focus is on linguistics, including grammars, dictionaries, text editions, philology as well as diachronic and synchronic studies of linguistic topics. Neighbouring fields such as literature, archaeology and anthropology are likewise represented. The languages of the series are English, German and French. The Beiträge zur Iranistik are represented in libraries internationally and are widely used standard works of Iranian studies.
Cet ouvrage est le reflet d’un quart de sièle d’observations qui ont conduit Charles Kieffer (Directeur de recherche, CNRS, Paris), dans des conditions parfois aventureuses, un peu partout en Afghanistan entre 1957 et 1981.
Comme dialectologue, collaborateur à l’Atlas Linguistique de l’Afghanistan conçu et dirigé par le regretté Georges Redard (Professeur à l’Université de Berne), il a aussi recueilli des matériaux concernant la vie privée et le vocabulaire intime des gens de la campagne.
La fréquentation de ce peuple de culture orale, en grande partie illettré, profondément imprégné par l’islam, a permis à l’auteur de mettre en évidence tour un monde de tabous, d’interdits et d’obligations de langage dans lequel il vit, aujourd’hui encore.
Cet ouvrage présente des matériaux divers recueillis en Afghanistan entre 1957 et 1981 par Charles Kieffer (CNRS, Paris). Il était alors chargé de rassembler et de vérifier des matériaux dialectologiques destinés à “l’Atlas Linguistique de l’Afghanistan” (ALA) conçu et dirigé par le regretté Georges Redard (Université de Berne). Mais il a lui-même recueilli des matériaux aléatoires portant aussi bien sur la vie intime de la paysannerie afghane que sur ses parlers; ce volume réunit l’essentiel de son vocabulaire familier.
Dans ces sociétés de structure tribale, profondément encadrées par l’islam et dominées par de nombreux interdits, les obligations de langage jouent un rôle prépondérant dans le dialogue avec les autres, tous les autres, musulmans ou non, afghans ou étrangers.
Les langues du dialogue, le plus souvent le persan, sont dominées par la “rectitude idéologique” issue du Coran et de la tradition clanique! L’étranger pénétrant dans l’intimité du domicile, maison, tente ou yourte, et essayant, dans son comportement et son discours, d’y observer les usages de ses hôtes, est reçu comme un frère, parfois il fait rire, mais il est toujours respecté.
Après une introduction qui présente les conditions dans lesquelles les relevés ont été effectués, l’auteur commence par analyser des mots qui reflètent d’anciens tabous dont sont marqués entre autres certains noms d’animaux.
Aujourd’hui sont perçus nombre d’interdits qui touchent à des domaines variés de la vie quotidienne comme la mort, la cécité, les phénomènes atmosphériques, le péchè, le sexe et la sexualité, les femmes, l’illicite, le mauvais oeil, certains aliments, etc.
Dans cette société traditionnelle, les interdits s’accompagnent d’obligations de langage qui concernent le vocabulaire de la religion, le respect des usages, différents types de formules (de politesse, apotropaïques, propitiatoires... ), tout ce qui touche au deuil (lamentations funèbres et condoléances), à la titulature des prophètes, aux djinns, etc. Il est aussi question d’obscénités, de blasphèmes et d’autres atteintes à la bienséance.
D’autre part, l’auteur s’est intéressé à des terminologies particulières qui évoquent aussi bien la foi et les rites religieux que la condition féminine (dot, garanties allouées à l’épouse, accouchement) les différents médecins, les remèdes et les drogues, les besoins naturels, la circoncision et l’excision... Il analyse aussi la pesée sociale sur le vocabulaire et la morphosyntaxe, les concepts de pureté et d’impureté, les différents degrés de plaisanterie, la “baraka”, le “laqab”, la notion de “jan” et la personnalité du fameux “malang”.
“Le livre s’ouvre sur un hommage à Georges Redard (1921-2005), professeur aux Universités de Berne et de Neuchâtel et concepteur de l’Atlas linguistique de l’Afghanistan. C’est à l’occasion de son activité de premier collaboratuer de l’Atlas que l’auteur a recueilli, entre 1957 et 1981, la matière du présent ouvrage. Grâce à sa connaissance des cultures et traditions afghanes, il a pu rassembler un matériau riche et varié dans le domaine, en partie crypté, des tabous et interdits. Après une introduction portnat sur les modalités de l’enquête, l’auteur présente successivement les tabous liés aux noms s’animaux, les interdits se rapportant au corps et aux organes sexuels, puis le “obligations de langage” en relation avec les événements de la vie quotidienne et du cycle de vie, ainsi qu’avec les pratiques de la region.
L’ouvrage ne prétend ni à l’exhaustivité, ni à la construction théorique; il sera néanmoins utile à tous ceux qui s’intéressent aux pratiques de l’Afghanistan rural, langagier ou non. Il comporte un index, une bibliographie (lacunaire) et des photographies dans le texte.”
Pierre Centlivres
In: Afghanistan Info. 70 (2012) März. S. 22.